Un résident aveugle laissé des heures au sol en CHSLD


Fernand Debien, un résident de 69 ans souffrant de cécité et atteint de la maladie d’Alzheimer, a passé des heures couché sur le sol de la chambre d’un CHSLD. Les employés soutiennent ne pas avoir le temps pour s’occuper de lui.

Sa conjointe recherche de l’aide pour que son mari puisse avoir accès à des soins pour assurer sa sécurité.

Même si elle paie plus de 5000 $ par mois depuis février dernier pour des soins particuliers, le centre d’hébergement des Moulins de Terrebonne affirme ne pas pouvoir prendre soin adéquatement de l’homme et souhaite qu’il soit transféré à l’hôpital.

«Il y a des gens extraordinaires dans cet établissement, mais c’est sûr qu’il y a un manque, raconte sa conjointe Colette Duguay en entrevue à TVA Nouvelles. Laisser mon mari 45 minutes à terre collé à l’air climatisé, pour moi c’est inconcevable.»

Un récent rapport médical démontre que M. Debien a besoin d’aide 24 heures sur 24.

«Quand il y a quelqu’un près de lui constamment, ça fonctionne beaucoup mieux, ajoute Mme Duguay. C’est une exigence médicale qu’il y ait quelqu’un près de lui en tout temps. Pour le même budget, son milieu de vie est bien mieux en CHSLD qu’à l’hôpital. On ne sait plus où est sa place. Ça crève le cœur.»

Inacceptable

Pierre Blain, directeur général du regroupement provincial des comités d’usagers, estime que cette situation est inacceptable. Un Centre d’hébergement pour des soins de longue durée doit trouver les moyens pour offrir un encadrement 24 heures sur 24 si nécessaire.

«Une somme a été débloquée pour que les CHSLD puissent avoir le personnel afin d’offrir des services 24 heures sur 24, précise Pierre Blain en entrevue à TVA Nouvelles. Dans ce cas-ci, il s’agit d’un centre privé qui va chercher des subventions du public pour offrir ses soins. S’il ne peut remplir ses obligations, on n’a qu’à annuler le contrat.»

Malgré les défis à relever, Pierre Blain assure que c’est le rôle d’un CHSLD de l’accueillir.

«Je ne pense pas que son cas en soit un d’hôpital, affirme Pierre Blain. C’est un cas où une personne en perte d’autonomie a besoin d’une surveillance et de soins particuliers.»

Un manque révélé par une caméra

Colette Duguay a constaté que ce dernier chutait fréquemment dans sa chambre, car personne n’était là pour l’aider. Elle a installé une caméra dans la pièce et a noté une douzaine de chutes en dix jours. Les employés viennent le voir dans la nuit, mais ils le laissent sur le tapis et lui donnent un oreiller.

«Nous avons installé des caméras parce qu’on savait que s’il n’y avait pas une assistance immédiate quand il se levait, il y avait un danger de chute», explique-t-elle.

M. Debien ressent beaucoup d’anxiété à son réveil et une forte médication le rend moins solide sur ses jambes.



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