Bombardier: Québec ignorait tout des 2400 mises à pied


MONTRÉAL – Le ministre des Transports Jacques Daoust, chargé de finaliser l’injection de plus de 1 milliard $ de fonds publics dans la CSeries d’ici la fin du mois de mars, affirme qu’il ignorait tout des mises à pied prévues par Bombardier lorsqu’il a négocié l’entente financière avec la multinationale.

«À ce moment-là, ce n’était pas le genre de discussion qu’on avait, a-t-il déclaré à TVA vendredi. Il y avait un ralentissement, mais pas de chiffres de mises à pied.»

Cette entente a été annoncée le 29 octobre dernier. À l’époque, Jacques Daoust était ministre de l’Économie.

Les 7000 mises à pied annoncées mercredi, dont 2400 au Québec, concernent la division des avions d’affaires et non le programme CSeries. Bombardier a justifié ces pertes d’emploi par une baisse de la demande, notamment en Russie et en Chine.

«Remarquez que dans la CSeries, il n’y a pas de mises à pied. Il y a une prévision de croissance», a souligné Jacques Daoust.

«Ce que nous avons voulu faire comme gouvernement à l’époque, et ce qu’on veut faire encore, je le répète, c’est de nous inscrire dans le développement des appareils qui ont le plus de chance de créer des emplois, a poursuivi le ministre. Et pour nous, c’est la CSeries.»

Québec n’a pas l’intention de renégocier

Cette semaine, les partis d’opposition ont critiqué le gouvernement pour avoir investi dans le programme CSeries sans engagement sur le maintien des emplois au Québec.

Malgré les 2400 mises à pied annoncées cette semaine dans la province, Québec n’a pas l’intention de renégocier son investissement de plus de 1 milliard $ avec la multinationale.

Lorsque TVA a demandé à Jacques Daoust s’il pourrait exiger de Bombardier des garanties pour préserver des emplois, le ministre a répondu : «On ne peut pas demander de garantir un emploi qui n’existera plus. On n’invente pas des commandes» pour les avions d’affaires.

«L’essentiel, pour nous, c’est évidemment d’investir dans la Série», a aussi déclaré l’actuelle ministre de l’Économie Dominique Anglade, insistant sur le poids des 40 000 emplois que fournit l’aérospatiale au Québec.

«Nous, on veut que ça marche la CSeries, parce que c’est là qu’est l’avenir, c’est là qu’est la croissance, a dit Mme Anglade. On ne veut pas rouvrir l’entente.»



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