René Angélil: un héritage pour le milieu des affaires


MONTRÉAL – Le modèle d’affaires que pratiquait René Angelil est enseigné à HEC Montréal. La biographie que Jacqueline Cardinal lui a consacrée, une étude de cas, aide les étudiants en gestion à comprendre les outils qui mènent au succès d’une entreprise.

La chercheuse nous partage ce qu’elle a découvert sur ce leadership qui fait dorénavant école.

Pourquoi vous êtes-vous intéressée à la carrière de René Angelil ?

«À l’époque où René Angelil a pris Céline Dion sous sa coupe, mon premier mari était aussi originaire de la petite ville de Charlemagne. Les deux familles comptaient l’une comme l’autre 14 enfants et étaient bien connues dans cette banlieue du nord de Montréal. J’ai toujours suivi la carrière de cette petite fille de chez nous. C’est ce qui m’a amenée à proposer de faire une étude de cas du leadership de René Angelil, pour alimenter des discussions dans des cours à HEC. J’avais fait des études à Harvard et dans cette université, l’étude de la vie de grands gestionnaires fait partie des leçons d’apprentissage des étudiants en gestion et management. Le cas de René Angelil m’apparaissait un modèle idéal à présenter.»

Quelle grande leçon pédagogique doit-on retenir du modèle d’affaires d’Angelil ?

«On peut faire des erreurs monumentales et en tirer un avantage à chaque fois. Angelil s’est bâti une compétence unique en retenant pour la vie une leçon de chacun de ses échecs.»

C’est en fait la qualité fondamentale d’un bon leader ?

«Un bon entrepreneur doit avoir une vision et des objectifs. C’est ce que maîtrisait Angelil. Puis, il doit reconnaître ses forces et ses faiblesses. La première faiblesse de René Angelil était sa passion du jeu et il a déjà cru qu’il existait une formule magique pour gagner. Il a eu l’humilité de voir que cette passion ne remplacerait jamais un talent de commerçant qu’il devait développer avec doigté, intuition et sensibilité. Il devait non seulement comprendre ses faiblesses, mais aussi celles de ses adversaires. C’est à la suite de l’analyse de ses erreurs de négociation avec les artistes et les grandes compagnies de disques qu’il a pu réussir en affaires.»

Le cas Angelil est-il unique ?

«Il avait la détermination incroyable de prouver à ses parents qu’ils avaient eu raison d’immigrer à Montréal. C’est la source de sa réussite personnelle et de son succès à travers le monde. On peut décortiquer qu’il avait raffiné son talent de négociateur, bien planifié la carrière de sa protégée et qu’il a su être patient dans chacune des étapes de la mise en œuvre de son plan d’affaires. Ce modèle de planification est un outil capital en gestion, pour tout entrepreneur.»

Est-ce que c’est le meilleur modèle pour faire des affaires à l’international ?

«Oui. Il faut d’abord tester son marché et s’y adapter. René Angelil présentait des chansons différentes au public du Québec, de la France et des États-Unis. Il se préoccupait aussi des vêtements que Céline Dion devait porter. Il avait le plein contrôle, tant sur lui-même que sur l’image de Céline. De plus, il avait le don de créer des contacts avec les personnes qui feraient la différence. Angelil poussait la perfection jusqu’à choisir les journalistes et les médias qui recevraient des révélations. Il contrôlait le message et il était à l’écoute de ses collaborateurs.»

René Angelil a finalement décomplexé les gens d’affaires face au commerce international.

«Il est, avec Guy Laliberté du Cirque du Soleil, celui qui a changé la perception des Québécois face à eux-mêmes. René Angelil a laissé un immense héritage, dont non seulement les gestionnaires, mais tout le monde, peut en avoir une miette. Il n’était pas juste un leader en affaires, mais aussi sur le plan humain.»

Les leçons d’un gestionnaire comme René Angélil selon l’étude de Jacqueline Cardinal:

• Choisir son territoire

• Mesurer ses forces et ses faiblesses

• Miser sur le bon artiste

• Être patient, sans compromis

• Garder le contrôle

• Être attentif

• Bien s’entourer

• Façonner l’image

Biographie

Jacqueline Cardinal est chercheuse associée à la Chaire de leadership Pierre-Péladeau à HEC Montréal. Elle a rédigé de nombreuses études de cas et des biographies de gens d’affaires. La prochaine à paraître portera sur Jean-Guy Desjardins, président fondateur de Fiera Capital.



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